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Mathilde Hatzenberger

présente

Paolo BONI (1925-2017) / Cuchi WHITE (1930-2013)

Correspondances

// 13 septembre > 27 octobre 2018 //

Vernissage le jeudi 13 septembre de 18 à 20 heures en présence de Carla Boni, fille des artistes

Nocturne exceptionnelle le jeudi 4 octobre jusque 21 h

Contact: Mathilde Hatzenberger

+ 32 (0)478 84 89 81

contact@mathildehatzenberger.eu

Présentation

Mathilde Hatzenberger est très heureuse d’annoncer son exposition de rentrée « Paolo Boni (1925-2017)/ Cuchi White (1930–2013) - Correspondances », qui se déroulera du 13 septembre au 27 octobre.

Lorsqu’ils tombent en amour en 1949, elle s’adonne déjà à la photographie, il est un jeune artiste, à l’aube de sa carrière. Une seule langue commune donc : l’art. Pour lui, dès qu’elle a pu jeune majeure, elle quitte les Etats-Unis en 1952 ; jeunes mariés, ils quittent l’Italie pour s’installer à Paris en 1953-54, ville où ils ont partagé toute leur vie. Mais non leurs ateliers. Pour lui, ce sera le palier voisin, puis un atelier un peu plus loin dans le 14e et encore un peu plus tard, un nouvel atelier dans le sud français à Vallauris où la famille séjourne alors régulièrement. Pour elle, le monde à observer : en noir et blanc jusqu’aux environs de 1958 ; puis le passage à la couleur qui signe aussi le retour au travail au milieu des années 70, avec des photographies de trompe-l’œil par lesquelles elle devient connue suite à une exposition personnelle aux Rencontres Photographiques internationales d’Arles en France. Après un grave accident de voiture en 1997, Cuchi arrête la photographie et par la suite en 2004, Paolo cessera son activité, accaparé par l’arrivée de l’Alzheimer de sa femme.

Cette exposition est l’occasion de découvrir conjointement -ce qui fut trop rare de leur vivant- une très belle série inédite prise par la jeune Katherine Ann White, Cuchi White de son nom d’artiste, aux États Unis, principalement à New-York, entre 1948 et 1952, et une sélection d’œuvres de Paolo Boni de toutes époques.

Nous aurons à cette occasion le grand plaisir de vous présenter les deux catalogues édités en 2017 par l’AVO qui œuvre à la redécouverte de leurs œuvres : le premier a accompagné l’exposition « Hommage à Paolo Boni », qui a eu lieu début 2018 à Paris à la galerie 24Beaubourg, avec des textes de Carla Boni, Giovanna Calvenzi, Vanessa Noizet, Romana Severini Brunori, et moi-même. Le second (FR/ENG) réunit toute cette série américaine de Cuchi White ici présentée avec des textes de Carla Boni, de Michel Nuridsany, et moi-même.

L’AVO

Créée en 2006 par Paolo et Carla Boni - fille unique des deux artistes, elle-même photographe – L’Association pour la valorisation de l’oeuvre de Paolo Boni et Cuchi White travaille à valoriser cet immense héritage artistique. Elle est maintenant gérée par Carla Boni, son épouse Marie-Laure Picard et leurs trois filles Giulietta, Luana et Zelina Picard-Boni.

Paolo BONI

Paolo Boni est né en 1925 à Vicchio di Mugello en Toscane, village ou sont nés bien avant lui Fra Angelico et Giotto qu’il admirait tout particulièrement. Jusqu'à la fin de la Deuxième guerre mondiale, il y a survécu, travaillant à l’usine d’optique Galiléo à Florence.

Après un bombardement où la mort le frôle, il décide de se vouer entièrement à la peinture et entre au « Liceo Artistico » de Florence, où Corrado Vigni, sculpteur , prend ce petit campagnard orphelin de père sous son aile. En 1949, il fera dans cette ville plusieurs expositions personnelles. La même année, il rencontre sa future femme la photographe américaine Katherine White qui effectue avec son frère et sa mère un grand tour d’Europe. Après une correspondance assidue, la jeune majeure quitte définitivement les USA pour le rejoindre. Is se marient en 1953 à Florence. En 1954, le couple décide de s’installer à Paris. Paolo se lie d’amitié avec le peintre Gino Severini qui préface année sa première exposition personnelle parisienne à la galerie Voyelle en 1956.

En 1957, parallèlement à son travail pictural et sculptural, il réalise ses premières gravures en relief, obtenues de matrices composées de stratifications de métaux divers.

En 1961, de retour de New-York, où le Brooklyn Museum, la Public Library et le Museum of Modern Art lui achètent de ses premières gravures, il commence une série de bas-reliefs ayant une structure de bois recouverte de cuivre, zinc, acier inoxydable, ainsi que des sculptures et bas-reliefs de marbres.

Le couple se lie d’amitié avec Christine Boumeester et Henry Goetz, artistes d’une génération antérieure et grands passeurs au tournant du siècle. Ils ouvrent vraisemblablement quelques portes à Paolo et seront à l’origine de cet amour du sud concrétisé aux débuts des années 60 avec l’acquisition d’un petit mas sur les hauteurs de Vallauris transformé bientôt en résidence d’été de la famille et atelier de Paolo. Ils y rencontrent aussi André Villers, Pierre Theunissen et sa femme.

En 1965, il expose au Musée Picasso d’Antibes des peintures, des sculptures, bas-reliefs et gravures montrant ainsi la pluralité de son travail.

Au fil des ans, son travail se concentre autour de deux pôles ; la graphisculpture, nom trouvé en 1970 pour qualifier la spécificité de ses gravures, et la peinture, l’une enrichissant les recherches de l’autre. En 1971, Gayzag Zakarian, marchand et éditeur, édite son « Oeuvre gravé ». Il D’ailleurs, dès 1962, il conçoit des livres d’artistes illustrés de ses gravures avec des écrivains contemporains tels que Michel Butor, Maurice Roche et Georges Perec qui devient son ami. On en dénombre près d’une vingtaine.

En juillet 68, il est frappé par l’arrivée du premier homme sur la lune et cet événement nourrit le peintre qui décline alors une série d’acryliques toute entière occupée par cette thématique, un intérêt qui rejoint bientôt celui de l’artiste pour la perspective telle qu’abordée à la Renaissance italienne.

A partir de la fin des années 80 et jusqu’en 2004, son sens de l’espace et son ingéniosité se cristallisent essentiellement en des tableaux de bois découpés revisitant tous les genres classiques qui avaient peuplés ses huiles de jeunesse. Il nous laisse là encore un trésor d’invention et d’originalité.

Le « mécanicien de l’imaginaire », tel que Perec a dénommé si justement son ami, est décédé en catimini le 29 mars 2017 à Paris laissant un fonds de quelques mille cinq cents numéros à l’inventaire.

Il a eu de nombreuses expositions personnelles en Europe et aux États-Unis ; à partir de 1978, il participe régulièrement aux grandes foires internationales d’art telles que la Fiac et feu Saga.

Ses oeuvres sont conservées dans trente-huit grands musées à travers le monde.

Cuchi WHITE

Née en 1930 à Cleveland (Ohio, USA), Katherine Ann White décède en 2013 plus connue sous le nom de Cuchi White.

Cuchi White avait déjà un incroyable sens du cadrage et de la composition dès ses premiers travaux photographiques en noir et blanc. Adolescente, elle avait fait un stage auprès du photographe du Cleveland Museum of Arts. Grande admiratrice d’André Kertész, d’Edward Weston et de Paul Strand, elle participera en 1948 à l’une des dernières expositions de la Photo League « This is the Photo League ». Elle obtiendra par ailleurs un Bachelor of Arts dans le très progressiste « Bennington College ». De 1949 à 1958, l’essentiel de son travail suit son parcours géographique et de vie : les USA, l’Italie puis la France.

Son activité photographique est mise en sommeil pendant une dizaine d’années qu’elle consacre à la carrière de son mari et à sa fille Carla née en 1958. C’est elle qui poussera sa mère à ressortir son appareil, à la suite de la découverte de son travail, inédit et oublié dans des tiroirs. Lorsqu’elle reprend la photographie vers les années soixante-quatorze, Cuchi laisse de côté la photographie réaliste pour regarder architecture et paysage. Elle est alors très attirée par les dit trompe l’œil qui jalonnent les rues, pas encore appelés Street Art auxquelles elle mêle à plaisir leurs cousins précurseurs des églises et des palais. Sa recherche oscillera toujours entre ces deux pôles anciens moderne, voir les mêlera, toujours fascinée par la magie de l’art ancien qui l’avait aimantée dès son arrivée en l’Europe. Son intérêt pour les trompe l’œil est repéré par leur ami Perec dès 1978, puis dévoilé dès 1980 à Arles. Il signe ensemble en 1981 L’œil ébloui.

Dans les années 90, elle expose régulièrement parmi les grands photographes italiens aux côtés de Gabriele Basilico, Mimmo Jodice, Luigi Ghirri entre autres.

Gravement accidentée en 1997, puis atteinte d’un Alzheimer en 2004, elle continue à exposer sur un rythme moins soutenu jusque dans les années 2000. En 2012, se tient sa dernière exposition chez In situ/ Fabienne Leclerc qui choisit d’exposer une sélection de trompe l’œil, issus de l’ouvrage signé avec Perec en 1981.

Cette personnalité libre et atypique décède en 2013, laissant derrière elle une œuvre singulière à son image, et encore partiellement inexplorée.

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