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12.01 - 22.02.20

SARA BJARLAND - ‘Constant Eruptions'

Window: EGON VAN HERREWEGHE - ‘High Fidelity part III'

Dans ses sculptures, ses installations et ses photographies, Sara Bjarland utilise des objets abandonnés pour étudier les chevauchements et les rencontres entre le naturel et l’artificiel, le vivant et l’inanimé, l’objet et l’organisme. Elle s’intéresse tout particulièrement aux « matériaux post-consommation », autrement dit : aux déchets en tant que produits de notre culture de consommation qui forment une matière abjecte d’où nous détournons le regard. Bjarland considère les déchets comme de précieux véhicules de sens et comme un matériau qui présente le potentiel de se transformer et de revêtir des formes et des significations plus ambiguës. Elle fouille les amas d’ordures qui s’accumulent au coin des rues pour y moissonner des meubles cassés, des accessoires de jardin en plastique, de vieux balais à franges, des plantes d’intérieur mortes, des grilles de séchage tordues, des objets ménagers sans valeur esthétique évidente.

Bjarland s’approprie ces objets, les transforme ou en réalise un moulage en céramique ou en bronze. Elle essaie de leur conférer de nouvelles significations ou une autre modalité, une autre vie. Dans son imagination, ils deviennent les futurs habitants ou les artéfacts d’un monde d’où les humains se seraient retirés. Elle s’intéresse à la zone grise où les domaines du naturel et de l’artificiel se rejoignent, où leurs frontières s’estompent, et où la matière inanimée semble mystérieusement prendre vie, pour retrouver aussitôt son sommeil de chose inerte.

Constant Eruptions est la troisième exposition personnelle de Bjarland à la galerie Hopstreet. Le titre de l’exposition s’inspire de la ville de Leonia dans le livre Invisible Cities d’Italo Calvino. Cette ville se renouvelle chaque jour de pied en comble, avec tous ses matériaux, créant ainsi dans sa périphérie des montagnes de déchets qui ne cessent de s’amplifier. Cette fiction reflète à bien des égards le comportement consommateur de toutes les villes occidentales, où le cycle éternel de l’achat et du rejet d’objets de consommation ressemble dans son flot constant à une véritable force de la nature.

« Sur les trottoirs, enfermés dans des sacs en plastique impeccables, les restes de la Leonia d’hier attendent le camion poubelle. Non seulement des tubes de dentifrice pressés, des ampoules grillées, des journaux, des récipients, des emballages, mais aussi des chaudières, des encyclopédies, des pianos, de la vaisselle en porcelaine. Bien plus que par ce qui est fabriqué, vendu, acheté chaque jour, la prospérité de Leonia se laisse mesurer à l’aune de ce qui est jeté chaque jour pour faire place au neuf. ... Peut-être le monde entier, au-delà des frontières de Leonia, est-il couvert de cratères de déchets, chacun entourant une métropole en éruption constante. »

Sara Bjarland vit et travaille à Amsterdam. Elle a étudié à la Slade School of Fine Art de Londres et est une ancienne diplômée du HISK de Gand (2013). Elle a participé à des résidences d’artistes à l’EKWC à Oisterwijk et au TBG+S à Dublin. Ses expositions récentes comprennent Uncertainty and Ground Conditions à la galerie DASH, Courtrai, et The Sound of No-one Listening au Corridor Project Space, Amsterdam. En 2019, elle a été l’une des cinq nominés pour le Below Zero Art Prize à Londres et a publié son premier ouvrage monographique Groundwork, avec Art Paper Editions.

© Sara Bjarland, untitled, 2019, Objet trouvé, bronze, 70 x 60 x 113 cm

 

Infos pratiques
Horaire
jeudi
13:00-18:00
vendredi
13:00-18:00
samedi
13:00-18:00
Adresse
Sint-Jorisstraat 109 rue Saint Georges
1050 Brussel - Belgique
Contact
+32496544454
hop@hopstreet.be
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